Ukraine : Situation humanitaire « extrêmement alarmante » dans le Donbass

La situation humanitaire dans l’est de l’Ukraine est « extrêmement alarmante », a averti vendredi l’ONU, notamment à Severodonetsk où environ 500 civils sont réfugiés dans l’usine chimique Azot.

« La situation humanitaire dans toute l’Ukraine, en particulier dans l’est du Donbass, est extrêmement alarmante et continue de se détériorer rapidement », a indiqué OCHA.

Selon le bureau de coordination humanitaire de l’ONU, la situation est « particulièrement préoccupante » à Severodonetsk et dans ses environs, dernière poche de résistance ukrainienne dans la région de Lougansk, quasiment entièrement sous contrôle russe.

Pas de couloir humanitaire

« L’accès à l’eau potable, à la nourriture, (…) et à l’électricité » y est « réduit », a rapporté OCHA, en raison notamment « de combats qui continuent de s’intensifier », « faisant payer un lourd tribut à la population civile ».

OCHA déplore que les belligérants n’aient « toujours pas trouvé d’accord pour faciliter l’évacuation de civils ou encore permettre l’accès de l’aide humanitaire » à Severodonetsk et sa ville voisine de Lyssytchansk, sous bombardements constants depuis plusieurs jours.

Le gouverneur de la région de Lougansk, Serguiï Gaïdaï, a estimé que la grande usine chimique Azot de Severodonetsk, où environ 500 civils ont trouvé refuge ces derniers jours, était impossible à évacuer sans un « cessez-le-feu complet ».

Alors que les forces russes tentent de prendre le contrôle entier de cette ville-clé du Donbass depuis des semaines, il a jugé « impossible et dangereux » de tenter de quitter le site « en raison des bombardements et combats constants ».

Le scénario de Marioupol

Cette situation rappelle, à moindre échelle, celle de l’aciérie métallurgique Azovstal à Marioupol, port stratégique du sud du Donbass tombé aux mains des Russes en mai après trois mois de siège.

Des centaines de civils avaient trouvé refuge dans des galeries souterraines à Azovstal, avant de s’y retrouver pris au piège aux côtés des combattants ukrainiens, dans des conditions extrêmement difficiles, alors que les bombes pleuvaient sans arrêt.

Mercredi, la Russie a accusé les forces ukrainiennes d’avoir empêché l’évacuation la veille des civils de l’usine, par un « couloir humanitaire » que Moscou avait proposé de mettre en place vers des territoires contrôlés par les Russes au nord.

D’après un bilan de l’ONU en date de mercredi, 4.452 civils ont été tués et 5 531 blessés en Ukraine depuis le début de l’invasion russe le 24 février, un chiffre certainement sous-estimé de son propre aveu.

(AFP)

TAGS