Yémen : Situation de plus en plus alarmante, selon l’ONU

Plusieurs responsables de l’ONU et de ses agences ont lancé jeudi 28 mai un appel à un soutien urgent au Yémen où la situation est de plus en plus alarmante face à la progression de la pandémie de Covid-19.

Un soldat dans une rue de Sanaa, au Yémen, le 6 mai (Photo : Xinhua)

“Nous sommes de plus en plus inquiets” alors que “nous avons les capacités” de stabiliser la grave crise humanitaire qui touche le pays, ont souligné lors d’un entretien avec des journalistes ces responsables issus entre autres du département des Affaires humanitaires de l’ONU, de l’Unicef, du Programme alimentaire mondial (PAM) ou de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

“Ce que nous n’avons pas c’est l’argent et nous demandons aux donateurs d’être généreux et de payer leurs engagements rapidement”, ont-ils ajouté, en évoquant la perspective d’une conférence de donateurs co-organisée le 2 juin par l’Arabie Saoudite et l’ONU.

2,4 milliards de dollars

Secrétaire général adjoint des Nations Unies pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock a précisé rechercher jusqu’à la fin de l’année pour le Yémen 2,4 milliards de dollars, dont 180 millions pour la lutte contre la pandémie.

“Le Yémen a un besoin désespéré d’aide”, a fait valoir Muhannad Hadi du PAM, tandis que la directrice de l’Unicef, Henrietta Fore, évoquait un “désastre majeur”. Plus de 12 millions d’enfants à travers le pays ont besoin d’une aide humanitaire.

Avant la pandémie, deux millions d’enfants étaient privés d’école. Avec le Covid-19, cinq millions d’enfants supplémentaires vont la quitter, a-t-elle précisé.

Selon l’ONU, “le Covid-19 se propage rapidement à travers le pays, déjà confronté à la plus grande crise humanitaire au monde, provoquée par un conflit qui ne faiblit pas”. Officiellement, 50 morts dues à la pandémie ont été recensées et la contamination touche 10 des 22 gouvernorats.

“Mais les tests et les rapports restent limités et il est probable que la majorité des régions du pays soient déjà touchées si ce n’est pas toutes”, estime l’ONU. (AFP)

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